Je n'arrive pas à centrer les photos, désolée, j'ai un peu de mal, biobisous, Nina
(texte et photo pris sur le net)
« C'est après cette soirée que vous avez commencé à m'écrire des lettres. Beaucoup de lettres. Quelque fois une par jour. C'était des lettres très courtes, des sortes de billets, c'était, oui, des sortes d'appels criés d'un lieu invivable, mortel, d'une sorte de désert. Ces appels étaient d'une évidente beauté.
Je ne vous répondais pas.
Je gardais toutes les lettres.
Il y avait en haut des page de l'endroit où elles avaient été écrites et l'heure ou le temps : Soleil ou Pluie. Ou Froid. Ou : Seul.
Et puis une fois, vous êtes resté longtemps sans écrire. Un mois peut-être, je ne sais plus pour ce temps-là ce qu'il avait duré.
Alors à mon tour dans le vide laissé par vous, cette absence de lettres, des appels, je vous ai écrit pour savoir pourquoi vous n'écriviez plus, pourquoi d'un seul coup, pourquoi vous aviez cessé d'écrire comme violemment empêché de le faire, par exemple par la mort. »
[ Marguerite Duras, Yann Andréa Steiner ]
Photo de 1965 par Bruno Barbey.